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Encore une fois, une œuvre datant de la période passée par Bach à Cöthen (1720-21 pour être pécis). C’est la période la plus heureuse pour Bach en ce qui concerne ses œuvres instrumentales.

Les six suites suivent un plan de suite de danses, avec ses quatre danses obligatoires : allemande, courante, sarabande et gigue, toutes dans la même tonalité.
Elles sont d’une grande variété technique, et tout à fait intimistes (si tant est que cela ait eut un sens au début du 18ème siècle). C’est ce qui fait en parie leur succès actuel, d’autant que la grande liberté d’interprétation des violoncellistes modernes leur donne un relief suffisamment riche pour plaire à chacun.

Bach compose ces suites pour un instrument relativement peu populaire à l’époque, et elles ont longtemps été ignorées. En effet, à l’époque, c’est encore la viole de gambe qui domine les compositions, et le violoncelle n’est au mieux qu’un faire-valoir. On sera donc gré à Bach d’avoir su s’attaquer à cet instrument pour le mettre en valeur, et lui offrir, comme il l’a d’ailleurs fait avec le violon, un répertoire incontournable pour toute personne apprenant à jouer de cet instrument. Pablo Casals, Pierre Fournier, Jacqueline du Pré, André Navarra, Yo-Yo Ma, Mstislav Rostropovitch, etc. s’y sont pliés.

Le 20ème siècle allait redonner ses lettres de noblesse aux Suite. Pablo Casals, tout jeune, se prit de passion pour les suites; son talent et son interprétation novatrice leur permirent d’acquérir la reconnaissance qu’elles méritent. (source : wikipedia)
Les Suites sont aujourd’hui un élément incontournable du répertoire pour violoncelle, d’abord en raison de leurs qualités musicales, ensuite pour leur intérêt pédagogique et théorique. Bach met en valeur toutes les possibilités polyphoniques de l’instrument. Ce n’est d’ailleurs pas tant la difficulté technique des Suites (les 3 premières sont parfaitement accessibles aux débutants), que sa profondeur et les possibilités d’interprétation qui en font l’intérêt (d’ailleurs, moult artistes n’enregistrent les suites qu’après avoir atteint une certaine maturité).
Mais parlons surtout de la Suite 1007. Comme les 6 autres suites, elle est composée de quatre danses obligatoires : allemande, courante, sarabande et gigue, toutes dans la même tonalité.
Le plan, somme toute classique, retenu par Bach est:

• Un Prélude. Le Prélude est sans doute le mouvement le plus connu de toutes les suites pour violoncelle. Il consiste principalement en une succession d’arpèges. Le souci, c’est que bon nombre d’artistes en hâtent l’interprétation, comme s’ils avaient un train à prendre, ou que la virtuosité se mesurait à la vitesse d’exécution.
J’ai un petit faible pour la version de Yo-Yo Ma, dont la gravité et la lenteur me semble plus adaptées à un prélude, et font mieux ressortir le balancé de la structure.

La version de Rostro par exemple est vraiment rapide en comparaison. Calme-toi Mstislav, le train va t’attendre.
Autre exemple très intéressant, l’interprétation par Pablo Casals (bon commentaire au demeurant):

une Allemande
Bon, je ne voulais pas remettre un hâtif, alors j’ai fini par trouver ceci: un minot qui passe un concours. C’est lent, et c’est beau.

• une Courante
Bon, pour le coup, Rostro joue certes encore un peu vite, mais ça s’écoute quand même.

Triste exemple d’une trop grande rapidité d’exécution nuisant à l’oeuvre ici: http://www.youtube.com/watch?v=Fj9j8N6_IOE. Par contre, rigolote version à la guitare, qui, au niveau du rythme me plait beaucoup: http://www.youtube.com/watch?v=w7gI8KkKcdI. Ce qui me fait penser qu’il faut que je m’y remette, à la guitare classique.

• une Sarabande
Bon, pour le coup, les interprètes lisent en général « sarabande », et savent qu’il faut lever le pied. Je vous mets un chevelu pour changer, Mischa Maisky.

• un menuet
Artiste inconnu pour cet extrait, fort agréable au demeurant.

• une Gigue
Je vous remets un petit coup du chevelu. C’est une gigue, c’est enjoué, alors pourquoi pas la vitesse…