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Les vendredis chez Titam seront baroques ou ne seront pas. Chaque fin de semaine, une petite dose de baroque, légère et indolore, mais que j’espère être agréable. Je ramasserai les copies en fin d’année pour voir vos progrès.

On commence par Rameau, et ses Tambourins. Ci-dessous une vidéo, avec des danseuses en plus! Vous êtes des petits chanceux.

Il existe plusieurs versions des Tambourins. Pour flûte traversière, pour clavecins, pour sextuor, c’est un vrai bonheur. En bon musicien baroque, Rameau réutilise souvent certains airs particulièrement réussis ou appréciés, mais jamais sans les adapter de façon méticuleuse. Le Tambourin en est un exemple parfait.  : Le Tambourin est tiré du livre de clavecin de 1724. On le retrouve dans Castor et Pollux puis les Pièces en concert puis à la seconde version de Dardanus. Ben oui, autant donner au public ce qu’il connait, c’est toujours ça de pris pour le succès.

Ce Tambourin illustre bien le recours aux expressions populaires dans le baroque. Le Tambourin est d’abord une danse populaire provençale.  Et puis, c’était la mode au 18ème siècle pour les nobles et les bourgeois de jouer d’instruments populaires: musette, vièle à roue, etc. Là où Rameau excelle, c’est qu’il donne à sa musique savante toute l’énergie rythmique nécessaire pour retrouver l’esprit des musiques populaires. C’est aussi pour cela que j’ai choisi la vidéo postée plus haut: on y retrouve tout ce qui pourrait rendre cette musique académique « populaire »: rythme marqué, danseuses sautillantes.

Ah, évidemment, il faut aussi penser cette musique comme une mise à distance de la paysannerie par la noblesse et la bourgeoisie. En effet, quoi de mieux pour marquer sa supériorité que de se réapproprier quelque chose en le recodifiant?

Pour finir, une autre version très enlevée, extraite des Pièces de Clavecins en concert (c’est donc la même qu’au début, vous suivez bien). Vous remarquerez que les tambourins sont joués par le clavecin.