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Ci-dessus interprétée par Fabio Biondi (violon), Jordi Savall (basse de viole), Pierre Hantai (clavecin) et Rolf Lislevand (théorbe). C’est vous dire la belle brochette. L’interprétation est issue de la bande originale de Tous les Matins du Monde, que je ne saurais trop recommander au passage.

Marais (1656 – 1728) fut l’élève de Sainte Colombe, et c’est ce dernier qui a d’ailleurs ajouté une septième corde à la viole, lui donnant ainsi de plus grandes possibilités expressives en étendant sa tessiture dans le grave. Et si Bach a donné la chaconne au violon, Marais a offert la sonnerie de Sainte Geneviève du Mont à la viole de gambe. La viole est en effet au centre de ce morceau, et en représente la plus grande difficulté, notamment en raison de la grande maîtrise de Marais. Même si la viole n’a pas toujours la mélodie, c’est bien l’instrument qui est au centre de cette oeuvre.

Dans cette sonnerie, Marais fait écho au Quarillon du tombeau « Les Regrets » de Sainte Colombe. L’oeuvre est comprise dans un recueil de 1723, et est d’abord destinée à une viole et un clavecin. Celle que vous écoutez y ajoute un violon. Ecoutez la basse continue, têtue dans son imitation des cloches de l’église parisienne, et les envolées de la viole et du violon qui se succèdent dans d’inlassables variations. Il est vrai que la variation est très en vogue à l’époque, on est en pleine apogée des folias (écouter des couplets de Folie d’Espagne de Marais).

Pour finir, une autre version, par les Nouveaux Caractères, en public (l’extrait de l’article original par le Musica Antiqua Köln n’est plus disponible à l’heure où je republie cet article en 2012). L’interprétation est plus sautillante.