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Un curieux phénomène a été observé depuis longtemps: juste après la fin d’une guerre, les garçons naissent en plus grand nombre que les filles. Cela dépasse le traditionnel ration d’environ 104-105 garçons qui naissent habituellement pour 100 filles. Ce baby-boom masculin a longtemps laissé perplexes les scientifiques. Pour certains, il fallait y voir l’esprit divin, remplaçant les hommes perdus au combats, pour d’autres, c’était parce que les soldats, ayant été en manque pendant la guerre, pratiquent plus les choses du sexe à leur retour du front, pile poil pour fertiliser leur dame… Une nouvelle étude parue dans Evolutionary Biology éclaire le fait d’un jour nouveau: il semblerait que cela soit du à un gène s’exprimant uniquement chez les hommes. Accessoirement, l’étude montre aussi qu’une recherche dans votre arbre généalogique peut vous indiquer le sexe de votre enfant à naître.

Corry Gellatly, de l’Université de Newcastle, s’interrogeait sur le fait que les études sur des mâles crevettes, vers marins et humains montrent que la probabilité d’avoir une descendance mâle pour une génération est similaire à celle de leurs parents. En d’autres termes, les mâles avec ayant plus de frères que de sœurs ont plus de fils que de filles. Repensant à l’effet observé après les conflits, Galletly s’est penché sur les humains, et a exploré les arbres généalogiques (disponibles en ligne en libre accès) de 927 hommes, et a calculé le sex ration pour chaque génération.

Pour Gellatly, il s’agit d’un gène, présent à la fois chez la femme et l’homme, mais active uniquement chez ce dernier. Ce gène influencerait la proportion de spermatozoïde portant le chromosome X ou le chromosome Y, ce chromosome déterminant le sexe de l’enfant. Plus de sperme Y = plus de bébés XY, donc mâles.

Et donc, on en arrive comment au baby-boom masculin après un conflit? Bien, considérons deux hommes, Pierre et Paul. Pierre a 3 fils, qui vont tous au front, et une fille, qui reste à la maison. Paul a 3 filles et un fils. Pierre a statistiquement plus de chances de voir revenir au moins un de ses fils de la guerre, avec plus de sperme Y. Et donc une descendance plus masculine. Paul a plus de chance de perdre son fils, qui, s’il avait vécu, aurait eu plus de filles, rétablissant ainsi le sex-ratio normal.

Bon par contre, pour aussi intéressante que la thèse puisse paraître, le gène en question n’a pas été trouvé. Par contre, si vous avez deux minutes, regardez votre arbre généalogique pour vérifier ou infirmer l’hypothèse de Galletly.

Source: PopSci, le 17 décembre 2008