Étiquettes

, ,

une note sur l’une des œuvres les plus fameuses de Jean-Sébastien, les Variations Goldberg (BWV 988 pour les intimes). Et interprété par Glenn Gould, excusez du peu, pendant presque 48 min.

On ne connait pas vraiment l’origine de la composition des Variations Goldberg. Elles furent publiées vers 1741-1742 dans le volume IV des Klavierübungen (exercices pour le clavier, ndlt). Ce sont donc à la base des œuvres pour clavecin. La légende veut qu’elles aient été écrites pour l’un des élèves de Bach, Johann Gottlieb Goldberg (1727-1756), alors âgé de 15 ans, à la demande du comte Hermann Carl von Kayserlingk de Dresde, qui désirait entendre chaque soir de la musique « douce et assez gaie » pour dissiper ses insomnies.

Côté technique, les variations sont construites sur un aria en sol majeur, enfin, sur ses bases harmoniques, provenant vraisemblablement d’un thème composé en 1725 et publié dans le Petit Livre d’Anna Magdalena. Voilà pour le côté technique, je ne vais pas vous encombrer de références musicologiques que moi-même je ne comprends pas. Certains exégètes s’en donnent à cœur joie.

L’interprétation de Gould au piano est tout simplement magnifique. Comme je vous l’ai déjà dit, elles sont initialement destinées au clavecin, mais au clavecin à deux claviers, l’usage fréquent de croisements de mains rendant leur interprétation difficile sur un seul clavier. Et regardez avec quelle grâce et quelle élégance Glenn Gould effectue ces mouvements! Et puis il y a le rythme et l’intonation qu’il donne au morceau. La musique est à la fois douce et prenante, enveloppante et physique. Gould chantonnait souvent en jouant, ce qui est perceptible sur certains enregistrements, et, histoire de faire encore plus corps avec son instrument, se penchait vers son clavier, parfois jusqu’à presque renifler les touches. Cela tenait à l’utilisation d’une seule et unique chaise pliante beaucoup plus basse qu’une banquette de piano car les pieds avaient été sciés. Cette chaise l’a accompagné toute sa vie durant. Même lorsqu’elle fut dans un état de délabrement total, il continuait à l’emporter partout où il devait jouer. Il faut dire, il était sans doute un peu autiste, et il ne faut pas trop perturber leurs routines.

Pour finir, je vous mets une version au clavecin de l’aria, par Pierre Hantai.