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Bon alors on ne se moque pas, c’est ma première vidéo, vu que je ne trouvais rien sur le net. C’est fait à l’arrache, mais au moins, vous avez la musique. Or donc, de quoi parlons-nous aujourd’hui? Et bien de Rameau, et de son Égyptienne, version sextuor. En effet, à la base, la pièce est écrite pour clavecin seul.La transcription n’est d’ailleurs sans doute pas de lui (trop rigoureux), mais sans doute de Jacques Joseph Marie Decroix (1746-1826), avocat à Lille de son état, et qui a amassé une tonne de documents sur Rameau.

La collection Rameau de Decroix est désormais à la Bibliothèque Nationale de France, et comprend l’unique source des transcriptions pour sextuor. L’Égyptienne est empruntée aux Nouvelles suites de pièces pour Clavecin (1729 ou 1730). L’arrangement suit de près les notes et textures de l’original pour clavecin, ci-dessous:

Au début du 18ème siècle, les suites pour clavecin françaises étaient dominées par des danses comme l’allemande, la sarabande. Puis la mode s’orienta vers des pièces dites de « caractère », d’où l’Égyptienne.

On pense que dans l’Égyptienne, Rameau voulait imiter un violoniste tsigane. Pourquoi pas. Personnellement, je lui trouve un petit air de Vivaldi qui n’est pas pour me déplaire. Et puis bon, Rameau donne souvent des noms étranges à ses compositions, et le goût prononcé de l’époque pour l’exotisme (qu’il exploite d’ailleurs dans les Indes Galantes) font que cette pièce aurait pu s’appeler « L’Indienne », la « Mauresque », ou que sais-je encore. Les légèretés du violon, son rythme enlevé font en effet penser à une musique quelque peu endiablée, mais le tout reste très policé. Et fort plaisant à l’oreille ma foi.

Je vous invite à écouter avec toute l’attention qu’il mérite ce disque des Six concerts en sextuor par Christophe Rousset et les Talents Lyriques, vous tomberez sous le charme:

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