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Guerriers farouches, les Dayaks de Bornéo sont connus par l’une de leurs coutumes : la chasse aux têtes. Ils n’ont pas été les seuls dans le monde à observer cette coutume. La chasse aux têtes s’inscrit en fait dans un contexte magico-religieux, centré sur la notion de tête-trophée. Celle-ci peut être obtenue de diverses façons : lors d’un combat, par sacrifice et cela dans un but de vengeance (c’était le cas le plus fréquent) ou pour assouvir une volonté de puissance. Chez les Dayaks, la tête-trophée avait pour motif la valorisation individuelle et sociale car elle permettait (entre autres épreuves) l’accès des jeunes au statut d’adulte. Rien de glorieux dans cette chasse aux têtes, dont étaient souvent victimes des hommes désarmés, des femmes, des vieillards et même des enfants. Les têtes coupées étaient rapportées au village et exhibées au cours de cérémonies publiques. Les fêtes achevées, les dépouilles étaient suspendues dans les longues maisons des Dayaks. En principe interdite depuis longtemps, la chasse aux têtes pourrait bien, selon certains observateurs, avoir subsisté jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale : des soldats japonais en auraient été les dernières victimes… Source

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Rare crâne Dayak décoré de motifs traditionnel avec des perles, trouvé à Bornéo (Kalimanatan) dans les années 1980 mais datant probablement du milieu du 20eme siècle ou avant. Provenant d’une collection belge. Source

Les Dayaks croyaient qu’en possédant la tête de leurs ennemis, ils s’appropriaient leurs âmes, leur capacités, leurs pouvoirs. On retrouve plus ou moins cette croyance dans toutes les tribus de chasseurs de têtes, qui est le siège de l’âme. La possession de tels trophées est fondamentale. Ils croyaient que cela apaisait les dieux, permettrait de bonnes récoltes, etc. En outre, posséder plus de deux têtes permettait aux Dayaks d’entrer au paradis (la leur y comprise). Le crâne était traité de manière « amicale », le clan faisant sien le crâne ainsi rapporté.

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On a ajouté des défenses de cochon sauvage sur ce crâne. Source