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Guillaume-Benjamin Duchenne, surnommé Duchenne de Boulogne (17 septembre 1806 à Boulogne-sur-Mer – 15 septembre 1875 à Paris), est un médecin neurologiste français. C’est l’un des plus grands cliniciens du XIXe siècle et le fondateur de la neurologie.

Il fait ses études secondaires à Douai, étudie la médecine à Paris et retourne en 1831 dans sa ville natale pour y exercer sa profession. En 1833, il expérimente l’usage thérapeutique de l’électricité sur les pêcheurs. En 1842, il s’établit à Paris où il passe le reste de sa vie à développer les applications cliniques de l’électricité. Médecin sans statut hospitalier officiel, il impressionne par la rigueur de ses expériences, ce qui lui vaut de la part de Jean-Martin Charcot le titre de « maître ».

Duchenne est un pionnier dans l’utilisation de l’électricité comme instrument d’expérimentations physiologiques. L’usage du courant alternatif lui permet de stimuler avec précision un seul faisceau musculaire à la fois. Grâce à cette technique, il décrit plusieurs affections et localise leur origine, comme c’est le cas d’une forme d’atrophie musculaire qui porte aujourd’hui son nom, (la myopathie de Duchenne, et du tabès. Il travaille également sur la poliomyélite, individualise pour la première fois chacun des muscles de la face et inaugure la technique de la biopsie en inventant un instrument permettant de prélever des échantillons de tissu à l’intérieur du corps.

Ses expérimentations électriques lui permettent de conclure qu’un vrai sourire de bonheur est formé non seulement par les muscles buccaux mais aussi par les muscles oculaires. De tels sourires « authentiques » sont nommés « sourires de Duchenne » en son honneur.

Sa grande originalité est d’avoir aussi eu un souci artistique. Photographe, il a méticuleusement recensé toutes les expressions possibles du visage en se servant comme modèle, ou cobaye, d’un homme aux traits paralysés. C’est à l’aide de l’électricité que les expressions étaient obtenues.

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Guillaume Duchenne et son patient.

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Duchenne déclenchant une expression de frayeur par la stimulation électrique.

Sa contribution majeure repose dans le recours à la faradisation localisée: l’usage d’un courant alternatif appliqué à l’aide de rhéophores, avec suffisamment de précision pour ne stimuler qu’un faisceau musculaire à la fois. Ainsi qu’il le précise dans un mémoire de 1847, cette procédure ne doit ni « piquer, ni inciser la peau ». Remplaçant le scalpel de l’anatomiste par le courant électrique, usant de l’électricité comme d’un instrument d’investigation physiologique plutôt que comme d’un outil thérapeutique (sa fonction usuelle au début du XIXe siècle), il crée une « anatomie du vivant » et produit des résultats significatifs: l’explication de l’origine de certains troubles musculaires par la localisation au sein du faisceau fibreux, et non pas une lésion neurologique, hypothèse alors couramment admise; la description de l’une de ces affections, une forme d’atrophie musculaire: la myopathie de Duchenne; et, pour la première fois, l’individualisation de chacun des muscles de la face et leur contribution à l’expression du visage. Source

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Stimulation électrique de profil.

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Planche de la Mécanisme de la physionomie humaine de Guillaume-Benjamin Duchenne montrant une série d’expressions faciales déclenchées par des stimulations électriques.

C’est à partir de 1852 que Duchenne devait adjoindre à l’usage de l’électricité celui de la photographie, pour enregistrer, d’abord avec l’aide d’Adrien Tournachon, les résultats de ses faradisations. Publiées en 1862 dans Le Mécanisme de la physionomie humaine, ou analyse électro-physiologique de l’expression des passions, ces images surprenantes furent intégrées à l’éducation des artistes pour corriger les défauts de la représentation des passions, et adaptées par Darwin pour illustrer son ouvrage sur l’expression humaine et animale. Source

Ressources complémentaires