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Pour les Papous, le crâne est le siège de l’âme, vecteur de la prospérité de la communauté, lien invisible entre les vivants et les morts. Le crâne trophée représente la mort de l’individu, et toute mort qu’elle soit naturelle ou provoquée doit être vengée.

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Ce crâne a été collecté dans le village de Kayrin. La mâchoire est bien fixée au crâne avec du rotin tressé et les yeux sont remplis de cire d’abeille où sont fixés des graines grises; les pupilles sont remplacées par des graines rouges (Abrus precatorius), un Bipane (coquillage de nez) et une couronne de fibre végétale décorée de graines grises et de plumes d’oiseaux complètent l’ensemble. Les crânes d’ancêtres (ndalnbirkus) sont traités avec le plus grand respect et habillés de façon cérémonielle et toujours gardés dans un endroit sûr, celui-ci a été victime de coup a la tempe (trou sur la tempe et l’œil gauche). Source

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Le pouvoir du défunt et du coupeur de tête se réunissaient dans le crâne trophée (ndaokus). Celui-ci était utilisé comme pendentifs ou comme oreillers. Les mâchoires inférieures étaient offertes aux femmes qui les portaient en pendentifs. Ces crânes d’ennemis portent toujours une ouverture sur le côté, par laquelle le cerveau était retiré avant d’être consomme. Plus un homme avait de têtes d’ennemis, plus il était viril, plus il avait des faveurs sexuelles, du prestige social, les meilleures pêches. Les crânes des ancêtres étaient également conservés et exhibés pour les grandes occasions et pour les fêtes.

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De l’ensemble : Mur de l’atelier d’André Breton. Crâne humain paré de plumes, de graines et d’un ornement de nez en coquillage; hauteur avec socle : 30.5 cm. Source

Les Asmats pratiquaient la chasse aux têtes depuis des décennies, mais les indonésiens dont ils dépendent aujourd’hui ont fait cesser ce culte dans tot l’Irian Jaya.