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Arisada Hōin, momie vivante âgée de 300 ans, temple de Kanshūji (Fukushima)

Quelques temples bouddhistes au nord du Japon abritent des “momies vivantes” connues sous le nom de sokushinbutsu (即身仏). Les corps préservés seraient ceux de moines ascètes qui se sont volontairement momifiés dans leur quête du nirvana.

Devenir une momie vivante n’était pas de tout repos. Voici les trois étapes principales:

1) Les 1000 premiers jours, le moine se nourrit de noix et de graines, et commence un programme d’exercice intensif, histoire d’éliminer tout le gras de son corps.

2) Les 1000 jours suivants, il ingère des écorces et des racines, prenant soin de diminuer progressivement les quantités. Vers la fin, il commence à boire du thé fait de la sève d’urushi, un truc bien toxique (utilisé normalement pour laquer les bols japonais…), afin d’éliminer encore plus de fluides corporels. Accessoirement, l’eau utilisée pour infuser le thé vient de la source sacrée du Mont Yudono, très appréciée pour son haut taux d’arsenic. Ceci permet de faire de son corps un environnement sans microbes, et de préserver le peu de viande qui pourrait rester autour des os.

3) Le moine se retire dans une chambre souterraine, connectée à la surface par un tuyau de bambou. Là, il médite jusqu’à ce que mort s’en suive. La chambre devenue tombe est scellée. 1000 jours plus tard, on les déterre et on les nettoie. Si le corps est bien préservé, on lui décerne le titre de « momie vivante.

Inutile de vous dire que dans la plupart des cas, ça foirait lamentablement. Mais, certains ont réussi, et ont acquis ce statut de Bouddha, avec le droit d’être exposé dans les temps. On compte environ deux douzaines de ces momies (encore que, depuis l’incident de Fukushima, il y en a peut-être moins…)

Le gouvernement japonais a interdit cette pratique au cours du 19ème siècle. via