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Imaginez un peu. Vous êtes enlumineur au 11ème siècle à Canterbury, et vous devez illustrer un éléphant. La chose ne parcourant pas à l’état naturel les riantes campagnes du Kent, vous ne pouvez que vous appuyer sur des récits de voyageurs, des on-dit, en essayant de raccrocher à ce que vous connaissez déjà. Donc, « in his locis nascitur multitudo magna elephantorum » (en latin dans le texte, En ce lieu sont nés une multitude de grands éléphants, à peu près) se retrouve avec ceci pour illustration:

Elephant(London, British Library, MS Cotton Tiberius B V, part 1, f. 81r)

Il se situe sur une ile (c’est exotique), ses défenses rappellent les grès (canines) des sangliers, d’ailleurs le poil aussi. La trompe est devenue langue (parce que ça trompe énormément), et pour les pattes, on a fait avec ce qu’on imaginait de plus sauvage à l’époque, un lion ou à peu près. Accessoirement, aucun voyageur n’avait du parler des oreilles de l’éléphant, sinon on aurait eu droit à Dumbo velu.

Ne vous moquez pas, à l’époque, on savait faire preuve d’imagination.

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