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Ponte City, aussi appelée la Tour Ponte, se trouve à Johannesburg. C’est une construction cylindrique de 54 étages, un immeuble de logements de luxe érigé en 1975. Sous le régime de l’apartheid, les familles blanches vivaient dans les appartements donnant sur l’extérieur, et leurs domestiques noirs vivaient dans ceux donnant sur la glauquissime cour intérieure.

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Fleuron de l’architecture brutaliste sorti de la tête de Manfred Hermer, la Tour fut pendant quelques années un endroit très chic. Sauf quand on était noir, bien entendu. C’est bien connu, pas besoin d’avoir de la lumière quand on n’est pas considéré comme un être humain.

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C’est avec la fin de l’apartheid que les choses se gâtent sérieusement pour la Tour. Non que l’endroit fut un paradis avant, mais cette partie de Johannesburg devint une zone de non-droit, où régnèrent les gangs liés au trafic de drogues. Et bien entendu, les gangs en question se sont installés au cœur du petit commerce, donc dans la Tour! Je ne vous fais pas un dessin: les riches se barrent, les pauvres restent, les mafieux arrivent en masse.

Ponte4La lumière au bout du tunnel? Source

Les propriétaires laissèrent la Tour à l’abandon, qui devint une plaque tournante du crime. Les déchets s’amoncelèrent dans la partie centrale, au point d’atteindre 5 étages de haut.  A la fin des années 1990, il fut suggéré d’en faire une prison de haute sécurité, mais cette idée fut écartée. A un moment, la Tour faisait à elle seule exploser le taux de suicide de la ville.

Ponte5Photo de Mikhael Subotzky.

Aujourd’hui, la Tour Ponte reste le gratte-ciel le plus haut de la ville. Et des gens y vivent. Bien que le quartier soit encore pourri, des rénovations ont été faites, et un appartement de 6 chambres sur 3 étages vous coûtera 230 euros par mois. Les dealers et autres criminels sont allés crécher un peu plus loin. Ce n’est pas un miracle urbain, mais peu à peu, les mentalités changent. Les gens reviennent, et sont attachés à leur tour.

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