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Kongō Gumi Co., Ltd. (株式会社金剛組 ; Kabushiki Gaisha Kongō Gumi) était la plus ancienne entreprise du monde, opérant depuis plus de 1400 ans. 14 siècles. Vous imaginez?

Basée à Osaka, cette entreprise familiale de construction trouve ses origines en 578, lorsque le Prince Shotoku appela des membres de la famille Kongō de Baekje en Corée vers le Japon afin de construire le temple bouddhiste Shitennō-ji, qui existe toujours. Au fil des siècles, Kongō Gumi a participé à la construction de nombreux bâtiments célèbres dont le château d’Osaka, le temple Hōryū-ji (ci-dessous) à Nara et le Shitennō-ji.

Horyu-Gakumonji-LR2Source

Un parchemin du XVIIe siècle de plus de 3 mètres retrace les 40 générations depuis le départ. Comme il est le cas dans de nombreuses familles japonaises d’importance, les gendres rejoignirent le clan et prirent le nom de la famille Kongō. Ainsi, à travers le temps, la lignée a perduré à travers les fils comme les filles.

Conséquence indirecte de la bulle immobilière qu’a connue le Japon dans les années 1980, la compagnie n’a jamais pu se remettre du prix du terrain qu’elle acheta au cours de ces années. La compagnie a déposé son bilan en janvier 2006. Ses actifs ont été rachetés par Takamatsu Corporation. Avant sa liquidation, la compagnie avait plus de 100 employés et un chiffre d’affaires annuel de 70 millions de dollars (7,5 milliards de yens) en 2005. Elle était spécialisée dans la construction de temples bouddhistes.

Kongō Yoshie, le 38ème Maître Charpentier de Kongō Gumi (1930)

Kongō Yoshie, le 38ème Maître Charpentier de Kongō Gumi (1930)

Pourquoi l’entreprise a-t-elle duré aussi longtemps? Le dernier président fut Masakazu Kongō, le quarantième Kongō à diriger la firme; selon lui, la flexibilité de l’entreprise dans le choix de ses dirigeant explique en grande partie sa longévité. En effet, plutôt que de transmettre l’entreprise au fils ainé, c’est le fils le plus apte, compétent et en bonne santé qui en recevait les rênes. En outre, ce ne sont pas toujours les fils qui ont hérité: le 38ème dirigeant fut la grand-mère de Masakazu.

Autre facteur déterminant: les époux des femmes de la familles prenaient traditionnellement le nom de la famille Kongō, ce qui explique que la compagnie ait pu durer sous le même nom, même quand aucun fils direct ne pouvait prendre la succession.

Sources: