Étiquettes

, ,

Le photographe Joey L. a réalisé une impressionnante série de portraits de Sadhus, intitulée les Hommes saints de Varanasi. Varanasi (hindi, वाराणसी (vārānasī)) ou Bénarès est une ville de l’État indien de l’Uttar Pradesh. Située sur la rive gauche du Gange, la ville est considérée comme l’une des villes les plus anciennement habitées du monde. Dédiée à Shiva, elle est la capitale spirituelle de l’Inde et la principale ville sacrée de l’hindouisme.

Le sādhu (du sanskrit साधु sādhu, « homme de bien, saint homme ») est, en Inde, celui qui a renoncé à la société pour se consacrer au but de toute vie, selon l’hindouisme, qui est le moksha, la libération de l’illusion (māyā), l’arrêt du cycle des renaissances et la dissolution dans le divin, la fusion avec la conscience cosmique. En tant que renonçants, ils coupent tout lien avec leur famille, ne possèdent rien ou peu de choses, s’habillent d’un longhi, d’une tunique, de couleur safran pour les shivaïtes, jaune ou blanche pour les vishnouites, symbolisant la sainteté, et parfois de quelques colliers. Ils n’ont pas de toit et passent leur vie à se déplacer sur les routes de l’Inde et du Népal, se nourrissant des dons des dévots.

Cela transparait parfaitement dans ces portraits.

Varanasi1Baba Vijay Nund sur le Gange.

Varanasi2Vijay Nund effectue les rituels du matin dans le Gange.

Varanasi3Sadhu Aghori, couvert de cendre.

Varanasi4Une pratique supposée des aghoris consiste en une méditation assise sur un cadavre (Shav Sadhana). Le cadavre (shava) par la puissance de l’ascète (shakti dans ce contexte), émanée de la déesse, devient Shiva.

Selon la lignée tantrika kinarami, cette pratique est avant tout symbolique, et s’apparente à des techniques d’investigation du Vedānta (connaissance de soi). Le crâne porté demeure le siège de la pensée, et donc de l’illusion, puisque c’est la confusion mentale qui entraine l’ignorance. Porter le crâne revient ainsi symboliquement, aux yeux des aghoris kapaliks, à se libérer soi-même du poids de cette confusion mentale. Ainsi purifié, le sâdakh (aspirant à la connaissance), parvient à la clarté de l’esprit.

Varanasi5Lal Baba. Quand il était jeune, ses parents lui ont arrangé un mariage. Incertain devant son futur, il s’est enfuit, et est devenu Sadhu.  Varanasi6Les jatas (dreadlocks) de Lal Baba font plusieurs mètres de long, et poussent depuis plus de 40 ans. Les jatas sont un signe de renonciation et de vie dédiée à la spiritualité.

Varanasi7
Magesh Nalla était consultant en informatique. Après des années de cette vie, il ne reviendrait jamais en arrière.

Pour finir, un film sur ces hommes, zen, contemplatif, et très beau. Prenez le temps de le regarder… Prenez le temps de vivre.

source