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La photographe Joana Choumali a réalisé toute une série de portraits, à la fois intimes et plein de force, intitulée Hââbré, The Last Generation. Ces portraits sont ceux de femmes et hommes scarifiés, et dont les marques corporelles mourront avec eux. Ils sont en effet la dernière génération à porter dans leur peaux cette écriture. Écriture, c’est d’ailleurs ce que signifie le terme Hââbré, cette pratique qui a fini par disparaître, interdite par les lois, anachronique devant l’urbanisation croissante. Cette dernière génération peut encore dire son histoire, et il faut l’écouter….

Joana_Choumali_08M. Guemi: « Je porte déjà mon identité sur mon visage. C’est la raison pour laquelle les gens l’ont fait: pour se reconnaitre. Mais maintenant, c’est terminé. Nous ne pouvons plus être reconnus« .

La pratique s’est effacée de la culture. En parallèle, l’acceptation sociale a reculé. S’ils le pouvaient, beaucoup de ceux qui portent ces cicatrices les effaceraient. La photographe a d’ailleurs eu beaucoup de difficultés pour trouver ces hommes et femmes. Et une fois trouvés, peu acceptaient de parler.

Joana_Choumali_10Mme Martine: « quand j’avais 10 ans, je les ai demandées. Je voulais être comme mes frères et sœurs, et montrer que j’étais courageuse« .

Joana_Choumali_02Ms. K. Benin: « Les gens se rendaient à la scarification en groupe, et j’y suis allée avec mes amies… »

Joana_Choumali_01M. Lawal: « Ici, en ville, je ne suis personne. Au village, je suis noble; les gens qui me voient me saluent respectueusement. J’en suis fier« .

Joana_Choumali_03Mme Djeneba: « avant, j’aimais mes cicatrices; elles étaient belles. On s’en vantait. Mais maintenant, dans la ville, c’est complètement démodé« .

Joana_Choumali_06M. Pousnouaga: « C’était comme une carte d’identité dans ma famille. Chaque tribu a ses cicatrices« .

Pour voir le reste des photographies, c’est par ici. Via.