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Le Musée militaire libanais se situe à Yarzeh, un village au sud-est de Beyrouth. Devant le Ministère de la défense, on trouve une immense tour, de quelques 5000 tonnes de béton enserrant, sur 30 m. de haut, 78 chars d’assaut, jeeps et pièces d’artillerie diverses. 

hope-for-peace-arman-9%255B2%255DIl s’agit d’une œuvre d’Arman, qui s’intitule « Espoir de Paix » et date de 1995.

« Œuvre fortement dénonciatrice de la folie des hommes, avec son titre qui défie l’ironie « Espoir de Paix », remarquablement accordée par sa taille, sa découpe, son aspect d’ensemble, à cette image de la ville qu’une sinistre actualité réduisit longtemps à la vision d’immeubles éventrés, lardés de plaies béantes. Arman pensait depuis longtemps à cette sculpture […]. Elle concentre et la cause et ses effets, elle mêle les machines de guerre au résultat de leurs destructions. Et l’on se prend à rêver d’un temps où toutes ces machines à tuer seraient noyées dans de pareilles masses de béton, sans même que subsiste en surface la moindre émergence de leurs symboliques excroissances. » Source

hope-for-peace-arman-1%255B2%255DArman avait l’idée de cette sculpture en tête depuis longtemps. Il avait d’abord proposé l’idée à la ville de Strasbourg dans les années 1970. La France n’en a pas voulu. En 1983, c’est Israël qui l’a refusée, un an après l’invasion du Liban. C’est finalement le Liban qui l’a accueillie en 1995. Ce monument a été inauguré à l’occasion du cinquantenaire de l’armée Libanaise et il est dédié à la paix nationale au Liban, comme le symbolisent tous les canons figées dans le béton et tournés vers le ciel.

hope-for-peace-arman-8%255B2%255DA la fin de la Guerre du Liban en 1990, le pays s’est retrouvé avec un surplus de machines de guerre, dont il a fait don à l’artiste pour réaliser l’œuvre. En les enfermant dans le béton, Arman voulait symboliser le silence des armes et leur immobilité permanente.

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