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Preuve s’il en fallait que ce que l’on dit être « le beau sexe » ne perdait pas une occasion d’en découdre lorsque provoqué. L’article du Petit Journal, daté du 1er novembre 1903, est éloquent, et représentatif du journalisme de faits-divers de l’époque. Le voici, in extenso.

« Il y a des Apaches des deux sexes, on l’a pu voir très récemment dans la rue du Général Morin. Louise Hénin, une belle fille de vingt ans, en voulait mortellement à Andrée Merle, vingt-trois ans, pour des motifs qu’il est difficile de préciser. Toujours est-il qu’elles se résolurent à un combat singulier, mais elles le voulurent original; le « surin », vulgairement appelé le couteau; le « rigolo », que certains nomment revolver, leur parurent usés; elles cherchèrent plus inédit et le trouvèrent. Chacune pris un bas, le vida peut-être de ses économie, mais à coup sûr l’emplit de sable. Après quoi l’on marcha au combat.

Ces dames n’avaient qu’une jupe légère, et je les plaindrais, par ce temps rigoureux, si l’exercice qu’elles se donnèrent ne les eût pas rapidement réchauffées. Ils allaient, les bas agilement maniés, et vlan! et vlan! et plouf! et plouf! sur les chairs, le tout à la grande joie des « aminches » ou amis qui s’étaient institués juges du camp.

Le combat cependant, finit tout à coup. Louise Hénin s’effondra, ayant reçu entre les épaules un coup si violent qu’on dut la transporter à l’Hôtel-Dieu en très lamentable état. Quant à sa terrible adversaire, elle prit à l’instant une fuite aussi prudente que rapide. »

bpt6k7165632Source, via.

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